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1968, année prolifique: Mastaba à Philadelphie

par | 15 août 2018 | Art contemporain

En cet été 2018, à Londres, on peut admirer une impressionnante installation à Hyde Park. En effet, des milliers de barils de pétrole aux couleurs vives flottent sur le lac Serpentine, formant une imposante pyramide tronquée. C’est le London Mastaba de Christo et Jeanne-Claude. Mais les deux artistes n’en sont pas à leur premier coup d’essai avec ce concept. Petit retour dans les années soixante…

C’est en octobre 1968 que Christo et Jeanne-Claude ont pu pour la première fois installer un monumental « mastaba » dans un lieu public. 1,240 Oil Barrels Mastaba, une structure temporaire composée de 1’240 barils de pétrole multicolors occupait alors presque tout l’espace dans l’atrium de l’Institut d’art contemporain de Philadelphie. Une œuvre si imposante que les visiteurs eurent de la peine à en faire le tour.

Cette création s’inscrivait dans la lignée de projets tels que Wall of Oil Barrels – The Iron Curtain (1962), un agencement de barils installés à travers la rue Visconti à Paris ayant pour but de bloquer la circulation en guise de protestation contre le Mur de Berlin. La situation d’alors insufflait un fort ressenti à Christo, lui-même originaire d’un pays communiste. En juin 1968, le couple avait essayé de barrer la 53ème rue de New York et d’emballer le MoMA dans le cadre de l’exposition sur le surréalisme et le Dada. Un projet refusé en raison d’un problèmes d’assurances du musée, malgré tous les efforts du Professeur William S. Rubin, alors curateur de l’institution. Il fallut attendre quelque mois pour voir naître un mastaba en Pennsylvanie.

A l’origine, un mastaba est un édifice quadrangulaire ayant vu le jour il y a 7’000 ans en Mésopotamie. Il est adopté par la suite en tant que lieu funéraire par les égyptiens. Utiliser des barils de pétrole pour concevoir un mastaba moderne ne semble donc pas anodin. Néanmoins, pour les deux artistes, ce choix aurait toujours été purement esthétique.

De nos jours, Christo n’a pas l’intention de s’arrêter là et cherche à concrétiser son projet de la plus grande sculpture du monde avec un Mastaba à Abu Dhabi composé de 400’000 barils, un projet qui devrait être financé par les Emirats Arabes Unis. Affaire à suivre…

En attendant, si vous êtes de passage à Londres, ne manquez pas le London Mastaba flottant majestueusement sur le lac Serpentine jusqu’au 23 septembre 2018.

1,240 Oil Barrels Mastaba, Institute of Contemporary Art, University of Pennsylvania, Philadelphia, 1968
Photo: Shunk-Kender ©1968 Christo

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