L’image du jour: Drift XI d’Harmony Korine

par 29 mai 2024Art contemporain, Zoom

Dans ses toiles aux teintes acidulées, l’artiste et cinéaste américain Harmony Korine fusionne toutes ses pratiques artistiques allant de la photographie à la vidéo. Chez lui, les médias perdent leur spécificité : un film devenir un tableau, un tableau peut se transformer en film. Dans une atmosphère hypnotique, le spectateur est désorienté. L’utilisation de caméras infrarouges accentue cette perte de repères et donne naissance à des images reflétant avec sensibilité les variations en énergie thermique. Dans Drift XI (2023) (inspiré de son film Aggro Dr1ft), l’artiste se focalise sur les détails avec ce plan rapproché d’un buste. Il en résulte une image nette de la chaleur captée par la caméra, plus on s’éloigne du sujet, plus les éléments deviennent flous. Ainsi, le spectateur peut presque ressentir la chaleur du corps du protagoniste. L’artiste cherche à créer une expérience immersive, comme si l’on se trouvait à l’intérieur d’un jeu vidéo. La palette surprenante de l’artiste dictée par l’imagerie infrarouge, renforce non seulement le sentiment de vivacité de ses personnages évoluant dans un environnement dystopique, mais aussi le côté irréel de la prise de vue. Harmony Korine cherche à insuffler la vie dans un univers proche de la science-fiction qui pourrait sembler a priori froid. A contrario de ses films, les peintures de l’artiste offrent une rencontre plus immédiate avec son monde fantastique, dont le sujet est né de la couleur et de l’énergie.

AGGRESSIVE DR1FTER PART II Jusqu’au 27 juillet chez Hauser & Wirth London  @hauserwirth

DRIFT XI, huile sur toile, 2023

Suivez le Chat

A lire aussi

Comme la dix-neuvième édition de Drawing Now approche à grands pas, nous avons eu le plaisir de rencontrer Joana P.R. Neves, directrice artistique de cette foire incontournable du dessin contemporain qui se tiendra du 26 au 29 mars à Paris. La doctoresse en histoire de l’art décrypte pour nous les nouveaux enjeux de ce médium primordial à toute création.

Dans un camaïeu de verts froids ponctué de touches violacées, des créatures étranges évoluent à travers les récits oniriques de l’artiste fribourgeois Romain Buffetrille. Avec une atmosphère parfois inquiétante, l’artiste s’est créé une nouvelle mythologie personnelle.

Curatée par Antoine Bony, directeur de la galerie Fabienne Levy de Genève, l’exposition Beyond the Surface explore en profondeur les idées d’une scène contemporaine en plein questionnement sur l’identité et la mémoire collective. Chacun des sept artistes apporte une vision nouvelle sur le paysage visuel actuel.