Anima Mundi, le vernissage

par 5 juin 2024Art contemporain, Décryptage expositions

Si l’âme du monde devait prendre forme sous nos yeux, on espérerait qu’elle charrierait la beauté de l’humanité, qu’elle serait porteuse d’un espoir dont nous avons plus que jamais besoin. Les artistes Philippe Fretz, Michael Rampa et Jérôme Stettler se sont penchés sur des thèmes universels en créant un dialogue ouvert entre leurs œuvres. Retour sur le vernissage du 1er juin.

Le projet de cette exposition est né autour de leurs préoccupations communes, mais surtout d’une franche camaraderie. Son titre, Anima Mundi, est venu soudainement, comme une évidence, car il reflétait bien l’ensemble des œuvres des trois artistes ainsi que leur état d’esprit. Bien que leurs arts respectifs soient visuellement bien différents, ils possèdent des valeurs communes liées à l’humanisme, le vivre-ensemble et le lien que l’homme entretient avec la nature.

Dans la peinture de Michael Rampa, l’idée de prendre soin de l’autre occupe une place primordiale, que ce soit à travers les thèmes de l’amitié, l’écologie ou les minorités. De manière générale, les personnages qui habitent les toiles de l’artiste se fondent avec la nature. Cette nature, si fragile, se personnifie dans les totems esquissés au pastel de Jérôme Stettler. Pour lui, le soin accordé aux autres espèces est une préoccupation depuis plusieurs décennies. Dans ses derniers dessins au pastel, il s’interroge sur les méthodes d’extraction employées par l’industrie pharmaceutique. Mais que serait l’intercompréhension, l’empathie, si nous ne savions plus vivre en harmonie tout simplement entre voisins ? Les œuvres de l’artiste genevois Philippe Fretz semblent ouvrir le débat sur le vivre-ensemble.

Pour accompagner cette exposition, les trois artistes ont créé une publication, Anima Mundi, comprenant les textes d’historiennes de l’art (Karine Defago, Stéphanie Lugon, Roswitha Schild), d’un philosophe (Silvio Do Nascimento), d’une poétesse (Anastasia Gex) et d’une artiste (Carine Bovey).

Dialogue musical
A l’image du dialogue entre les œuvres des trois artistes, la harpe de Céline Botarelli s’est conjuguée au saxophone de Philippe Fretz dans un interlude musicale vibrante. Les instruments se sont mués en voix, l’enchainement des notes en conversation. Dans cette improvisation libre, les deux musiciens ont suspendu le temps. Un véritable moment d’allégresse !

Retour aux sources
Pour clôturer l’événement, le collectif Animal Undo a concocté une performance musicale furieusement anarchiste et libératrice ! Réunis autour d’un feu, au son des tambours et d’une grande diversité d’instruments, musiciens et plasticiens se sont affairés pour livrer un concert tribal agrémenté de dessins païens, voire sataniques. Composé des jeunes artistes Romain Buffetrille, Marc Ferrario, Anastasia Gex, Romain Guye, François Monthoux, Alexis Simonetta, Alexandre Sottas, Martin, Vonlanthen et Benjamin Wenger, le collectif a su embarquer le public dans un véritable retour aux sources. Sous les rythmes des percussions, bercés par la contrebasse d’Anastasia Gex, les dessinateurs ont créé une fresque éphémère, composée de démons et autres créatures mythiques. Aussitôt terminée, la voilà détruite, ingurgitée par les dessinateurs puis recrachée feuille par feuille dans les flammes, comme pour conclure un cycle. Peut-on y voir une intériorisation des mythes qui incarnent dans notre société moderne une certaine liberté, voire un lâcher-prise ? Une chose est sûre, le collectif animal Undo nous réserve bien des surprises ! Affaire à suivre…

Anima Mundi, Finissage le samedi 8 juin de 14h à 18h

Adresse:
Dngarees – Atelier de Michael Rampa,
Chemin des Serres 9
1434 Ependes VD
 
C’est à 5 minutes à pied de la gare d’Ependes.

 

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