Le saviez-vous? La paréidolie influence le geste artistique
Saviez-vous que la paréidolie influence le geste artistique?
La paréidolie, ou l’art de voir des visages partout, n’a pas échappé à Instagram. Le fait que certains utilisateurs publient des photos où ils voient des personnages dans le décor urbain correspond à une inclinaison qu’a notre esprit à chercher une forme familière dans des images abstraites. Cette tendance n’a rien de nouveau. Si l’on observe les fresques préhistoriques, on notera que les dessinateurs de l’époque se servaient déjà de la physionomie des parois pour accentuer une notion. Depuis la nuit des temps, notre cerveau est particulièrement sensible au faciès humain. C’est sans doute pour cela qu’il a tendance à interpréter certains objets afin de reconstruire un visage, parfois de manière très rudimentaire, selon les neurologues. De Leonardo da Vinci à Guiseppe Arcimboldo, nombreux sont les peintres dont l’environnement a influencé leurs interventions sur un mur ou une toile. Ils ont poussé le concept encore plus loin, en créant des têtes avec des paysages, ou entièrement végétales, comme c’est le cas chez Arcimboldo. Ainsi naissent bien des trompes-l’œils. On retrouve bon nombre de paréidolies dans le surréalisme mais aussi dans l’art brut. Chez Dubuffet, les méandres aléatoires deviennent des bonhommes tandis que chez Dali, les trombines apparaissent la plupart du temps dans les cieux ou dans des déserts. Elles sont constituées d’objets ou de sphères esquissant ainsi le portait d’une personne.
Giuseppe Arcimboldo, Rudolf II of Habsburg as Vertumnus, 1590-91
Un ours se cache dans le logo.
William Hill, Ma femme et ma belle-mère, 1915
Jean Dubuffet, Le précepteur, 1972