Affaire à suivre: Simon Cacitti

par 8 septembre 2026Affaire à suivre..., Art contemporain

Récemment diplômé en arts visuels à la HEAD, Simon Cacitti a inauguré Inbetween, sa première exposition personnelle à l’espace Gowen Lab de la galeriste genevoise Laura Gowen. De manière poétique, le jeune artiste a créé une véritable archéologie de l’image.

Vue de l’exposition. Courtoisie de l’artiste et de la galerie GOWEN. Photo: © Claude Cortinovis

Découvertes lors du Grad Tour, un événement présentant les diplômés de Bachelor et de Master, les peintures de Simon Cacitti ne nous laissent pas indifférents par leur langage visuel radical, oscillant entre rigueur et spontanéité, faisant cohabiter une gestuelle libre dans une composition plus construite. Les intérêts de l’artiste sont assez éclectiques car, en plus de la peinture, il pratique la boxe, mais a aussi été auditeur libre en théologie et en grec ancien à l’Université de Genève. Contrairement à ce quoi l’on pouvait s’attendre, il a orienté sa pratique artistique vers l’abstraction, s’affranchissant des représentations figuratives et symboliques qui peuplent les iconographies bibliques et antiques.

 

Ce parti-pris l’a mené à créer une série de gouaches sur papier intitulées Left hand right (2026) travaillée en strates. Le choix du support n’est pas anodin, car il résonne sans doute avec les parchemins d’antan. Comme le souligne l’artiste, le papier véhicule l’idée d’une transmission. Ce dernier travaille par superposition de fines couches successives. Cette accumulation de matière donne de la profondeur à l’image. Parfois, certaines strates inférieures de peinture refont surface par hasard, à l’image des civilisations oubliées qui réapparaissent soudainement lorsque l’on cherche à construire un nouvel édifice. Dans une métaphore plastique, le temps est matérialisé par les couches de peinture. Ici, nous nous situons dans une archéologie picturale.

Vue de l’exposition. Courtoisie de l’artiste et de la galerie GOWEN. Photo: © Claude Cortinovis

Actuellement, l’artiste travaille sur une traduction des premiers chapitres de la Genèse à partir de l’hébreu ancien. Il aime comparer sa manière de peindre à la façon dont un exégète appréhende un texte : à savoir par niveaux. Il est intéressant de noter que, contrairement à l’archéologie spéculative, actuellement très présente sur la scène émergente, qui joue avec l’illustration formelle d’artefacts contemporains, Simon Cacitti s’intéresse à la méthodologie du travail d’archéologue et de traducteur.

 

Lauréat ex aequo avec Rin Heo du Prix Fondation Théodore Strawinsky cette année, suivi d’un solo show dans une galerie d’art incontournable, Simon Cacitti débute bien sa carrière artistique ; nous avons hâte de découvrir l’évolution de son travail qui s’annonce déjà très prometteur.

 

Lef hand right, 2026. Courtoisie de l’artiste et de la galerie GOWEN. Photo: © Claude Cortinovis

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