11 septembre 2001

par 11 septembre 2026À la une, Art contemporain

Aujourd’hui, 25 ans après les attentats du 11 septembre, Le Chat Perché se souvient d’une image de James Nachtwey qui l’a profondément marqué.

USA, New York City, 2001, James Nachtwey. Courtoisie de l’artiste et de la galerie GOWEN.

S’il y a un photojournaliste qui n’a plus besoin d’être présenté, c’est bien James Nachtwey. Primé à de nombreuses reprises, il est l’un des reporters les plus reconnus de son milieu. Durant plus de 40 ans, il a photographié les conflits armés, les catastrophes naturelles et la misère à travers le monde entier.

Présenté à Art Genève en 2022 au stand de la galerie Gowen, ce cliché pris sur le vif, juste après que deux avions ont percuté les tours Jumelles, reste saisissant. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’artiste a eu tout le temps de prendre de nombreux clichés avant que l’un des bâtiments ne s’effondre.

 « Quelque chose d’incroyable venait de se produire, et c’était sur le point d’empirer.” A confié le photographe au Time. 

 Parmi ces photographies, l’une semble particulièrement énigmatique. Dans une vue en contre-plongée, un homme vêtu d’une tenue de ville observe l’un des gratte-ciels dont une épaisse fumée s’échappe, obstruant complètement la partie gauche de l’édifice. L’image est composée de trois plans dont les éléments se font écho. La fumée émanant du bâtiment rappelle les volutes de poussière s’échappant du sol. La position de l’homme rappelle la verticalité de l’immeuble, renforçant le sentiment qu’il ne s’agit pas seulement de dégâts matériels, mais de l’effondrement d’un symbole de notre société occidentale. La tour est alors personnifiée et devient le prolongement de l’humain. L’atmosphère, empreinte d’une lourdeur latente, augure que le monde ne sera plus jamais pareil.

Vue de l’installation à Art Genève, 2022. De gauche à droite: Ako Atikossie, James Nachtwey et Pascal Berthoud. Courtoisie de la galerie GOWEN. Photo: © Julien Gremaud

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