Le saviez-vous ? L’Ophélie de Millais

par 8 mai 2024À la une, Le saviez-vous?

Saviez-vous que le modèle de l’Ophélie de Millais était Elizabeth Siddal, une poétesse et artiste talentueuse dont le travail reste à ce jour assez méconnu du grand public ?

Ophelia, personnage de la tragédie Hamlet de Shakespeare est la promise du prince Hamlet. En apprenant que ce dernier a tué son beau-père, elle tombe dans la rivière sans que l’on puisse déterminer s’il s’agit d’un accident ou d’un suicide. Cette scène a inspiré un bon nombre d’artistes, mais la représentation la plus célèbre reste sans doute celle du préraphaélite John Everett Millais.

Elizabeth Siddal, poétesse depuis son enfance, est alors l’uns des modèles principaux des préraphaélites avec Jane Burden. Pour l’œuvre Ophélie de Millais, Elizabeth Siddal a du posé quotidiennement durant trois mois dans une baignoire. John Everett Millais plaçait des lampes sous cette dernière pour réchauffer l’eau, mais l’eau refroidissait vite et Siddal, appliquée, ne s’en plaignait pas. Pourtant, elle avait une santé fragile, on pensait qu’elle souffrait de tuberculose. D’ailleurs, elle tomba gravement malade à cause de ces séances. Son père exigea alors à Millais qu’il règle les factures du médecin.

Ophelia, 1852

En 1853 elle publia The Lady of Shalott, sous les initial de E.E. Siddal. Cette, même année, elle devint l’élève de Dante Gabriel Rossetti et réalisa des toiles dont son maître finit par s’inspirer. Elle a réalisé de nombreux dessins, aquarelles et peintures à l’huile s’inspirant des thèmes médiévaux, chers aux préraphaélites. Par ailleurs, son autoportrait de 1854 s’éloignait de l’idéal de beauté féminine de l’époque. Elle se représentait avec des traits plus durs. Peut-on y voir un signe d’émancipation ?

Par la suite, de 1855 à 1857, le critique d’art John Ruskin subventionna sa carrière et la paya 150 £ par an en échange de ses dessins et peintures, ce qui lui permit d’étudier à la Sheffield School of Art. De plus, elle fut la seule femme à avoir exposé avec les préraphaélites. Au cours de sa carrière, elle a produit plus d’une centaine d’œuvres littéraires et picturales.

Elizabeth Siddal, auttoportrait, 1854
Elizabeth Siddal, ​Clerk Saunders, 1857
Elizabeth Siddal, The Lady of Shalott , 1854

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