Almost Tender nous plonge dans une atmosphère ambiguë, peuplée de personnages d’une troublante familiarité et aux multiples références, que Grégory Sugnaux place sur unmême niveau, mélangeant les genres de manière décomplexée. Dans ses peintures, l’allusion au grotesque, au sens premier d’hybridation et de métamorphose, qui traverse son œuvre de manière récurrente, est suggérée ici dans les figures mi-humainesmi-animales, les androïdes sériels, les corps déformés voire monstrueux. Une bande-son composée pour l’exposition habite le lieu comme une sorte de pulsation qui se répand dusous-sol aux étages, et entretient le sentiment d’étrangeté dégagé par les œuvres.
L’artiste traite les sujets avec une forme d’humour décalé, teinté d’ironie qui questionneleur apparente simplicité. Dans cette intention d’autodérision envers sa propre posture de peintre, il dévoile, une vulnérabilité assumée. Il transforme ces images en matière picturale, conférant aux surfaces un aspect tantôt lisse tantôt vibrant qui fracture leur lisibilité. D’unetoile à l’autre, il tisse un équilibre fragile entre fascination et autocritique, entre clair et obscur.
Photo: © Nicolas Delaroche


