Et si les émotions se manifestaient de manière colorimétrique. Dans sa pratique, l’artiste anglo-iranienne Sofia Yeganeh explore les thèmes identitaires liés au corps humain et à la nature de façon personnelle. Elle s’intéresse plus particulièrement au corps féminin dans Interaction où l’enveloppe charnelle s’exprime librement grâce aux mesures d’une caméra thermique. Les silhouettes sont soulignées et traversées de broderies, un savoir-faire ancestral très présent dans l’art contemporain iranien. Cet ajout de médium crée alors une interaction entre les éléments de l’œuvre, mais aussi entre le passé et le présent. Ici, on imagine que ces esquisses de fil fonctionnent comme des ondes musicales venant casser le rythme de la composition. Dans un swing acidulé, une jeune femme danse au son des couleurs, la chaleur émanant de son for intérieur réchauffe les nuances bleutées de la toile qui se mue ainsi en une partition de musique populaire.
Le Chat Perché
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Ex Codice, ou la poésie de l’aléatoire
Dans des cieux aux camaïeux harmonieux s’entremêlent des structures végétales. Ici, le code binaire se mue en méandres organiques. En véritable sublimation de l’aléatoire, les toiles de Sébastien Mettraux nous plongent dans un univers régi par un langage mathématique universel.
L’image du jour: Slippery Descent de Will Cotton
Et si le Far West se parait de couleurs tendres et que les cowboys chevauchaient des licornes ? Serions-nous dans l’utopie d’un monde meilleur ? Certainement ! Mais en attendant, il faudra se contenter des toiles de l’artiste américain Will Cotton. Véritable satire à la fois douce et acidulée de la pop culture, Slippery Descent bouscule les codes du mythe américain. Dans une chevauchée onirique, un cowboy hypersexualisé descend une pente glissante où les rochers devenus crème glacée sont ornés de « Froot Loops ». Sommes-nous dans l’expression d’un désir gourmand où l’orgasme serait symbolisé par des douceurs industrielles ? Une chose est certaine, l’artiste mêle avec brio les codes queer au rêve américain, réinventant ainsi une nouvelle iconographie populaire.
Le baiser de la discorde
Avec l’arrivée des beaux jours, l’artiste suisse Yannick Lambelet présente Le goût de la victoire #3 dans l’exposition collective organisée par Bowie Creator. Débutée l’année dernière, cette série de peintures met le doigt sur une expression de la joie qui peut sembler paradoxale, poussant parfois les joueurs de foot professionnels hétéros à s’embrasser sur la bouche, alors qu’il subsiste une forte homophobie dans le monde du sport. Décryptage.
L’image du jour: Anguèli de Moufouli Bello
Avec Anguèli, l’artiste béninoise Moufouli Bello nous entraîne dans un univers aux couleurs acidulées. Depuis longtemps, l’artiste s’intéresse aux inégalités sociales, mais aussi à la place de la femme noire dans la société. Elle a pour habitude de prendre pour modèle des femmes de son entourage, qu’elle peint dans des tons bleutés. Souvent, un élément se distingue par ses teintes chaudes, contrastant ainsi l’ensemble de la composition. Dans Anguèli, une femme aux ailes d’ange nous observe droit dans les yeux. Le spectateur est confronté directement au regard de la protagoniste et ne peut s’en soustraire. De la sorte, il se crée une proximité avec ce dernier. l’artiste s’affranchi des représentations habituelles de la femme africaine portant une amphore ou un enfant. Les femmes de Moufouli Bello sont fortes, libérées de tout cliché.
Forever Young
Vendredi passé, la galerie Analix Forever a eu le plaisir de présenter les dessins des étudiants de Pascal Berthoud, artiste Suisse et professeur à la HEAD. Le temps d’une soirée, l’exposition Forever Young – drawing – thinking nous plonge dans des univers tout aussi riches que divers, avec pour seul point commun la fraîcheur et une certaine innocence.
Paper is not Dead!
Effleurer la tranche d’un livre ou encore corner une page, voici quelques petits plaisirs qui tendent à disparaître avec l’avènement du monde numérique. En plus de perdre des sensations qui attraient à tous nos sens, on passe souvent à côté de découvertes fortuites, car lorsqu’on achète quelque chose sur la toile, nous sommes malheureusement bombardés de milliers de suggestions.
L’image du jour: Ewa Juszkiewicz
Parfois, l’histoire de l’art s’évertue à réparer l’invisibilisation et le manque de reconnaissance dont des centaines d’artistes femmes ont été victimes durant des décennies. Est-ce pour ces raisons qu’Ewa Juszkiewicz substitue les visages de ses portraits féminins par des fleurs? Y-a-til un élan féministe dans le geste de mettre en avant la peinture de Élisabeth Vigée Le Brun et Adélaïde Labille-Guiard, bien moins mises en lumière que leurs confrères masculins. Une chose est certaine, Ewa Juszkiewicz n’a rien à envier aux maîtresses de la nature morte dont elle s’inspire telles que Clara Peeters et Margareta Havermandont. De cette manière, elle met à la fois en lumière le manque de visibilité des femmes ayant marqué l’histoire, tout en rendant hommage aux femmes artistes.
Mary Quant: l’inventrice de la minijupe nous a quitté
Figure emblématique du Swinging London, la créatrice de mode la plus influente des années 1960 s’est éteinte jeudi 13 avril, alors âgée de 93 ans. Considérée comme l’inventrice de la minijupe, bien que ce titre soit source de querelle avec André Courrèges, elle a contribué à la libération du corps de la femme, grâce à son audace et son avant-gardisme. Retour sur six créations iconiques.
L’image du jour: Le ciel est par-dessus le toit de Walter Schmid
Walter Schmid dépeint la cruauté de la condition carcérale et le désespoir dans sa dernière exposition personnelle Les geôles de Thanatos chez andata.ritorno. La puissance émanant des oeuvres de l’artiste genevois ne laisse pas indifférent. Le spectateur est comme écrasé par ces toiles monumentales dont le support révèle une certaine fragilité.
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